Il y a quelque chose.
Quoi ?
On n'en sait rien, mais les potins traînent les rues, les cancans s'échappent de toutes parts; se faufilent partout; les langues se fatiguent; je sais bien que parfois on trouve un séduisant officier sous les murs du château, écoutant près d'une belle la feuille qui frissonne sous le vent en courroux.
Qu'est-ce que cela prouve ?
Je sais bien que parfois des portes se ferment sans bruit ou qu'une ombre discrète escalade la croisée.
Je sais bien que souvent, sur les bords de la Loire, des couples enlacés se promènent à pas comptés; mais, à la lueur des vers luisants, allez donc reconnaître si ce sont des amoureux ou des péripatéticiens.
Qu'est ce que cela prouve ?
Et puis, laissez-moi vous avouez,... tout bas, que les femmes de Saumur, les vraies femmes j'entends, sont charmantes.
Elles ont bien peu de la Provinciale et beaucoup de la Parisienne.
Il ne faut donc pas trop s'étonner des sentiments qu'elles inspirent.
Bérengère.